10.12.2008
Dans les veines ce fleuve d'argent
"Alors tu t'apercevras que les photographies servent seulement à faire oublier ce qu'on n'a pas photographié".
C'est glané dans ce superbe livre de Dario Franceschini qu'une amie m'a fait découvrir. Une de ces histoires à la fois simple et dense dont les auteurs italiens ont le secret Je pense à Barrico ou à Eri de Luca. Dans ce roman ci il n'est pas question de photographie, sauf dans cette phrase au détour du récit. Celui d'un homme âgé qui entreprend un voyage le long d'un grand fleuve pour retrouver un ami qui lui avait posé quarante ans plus tôt une question à laquelle il n'avait pas su répondre. Voyage qui le ramène au plus profond de sa propre histoire et de sa mémoire, et le conduit à une fin pressentie et acceptée. Un livre dont la lecture apporte un temps de paix intérieure tant les personnages qui l'habitent et le traversent semblent remplis de certitudes dont nous sentons tellement souvent le manque. Certitude de son propre vécu, d'une terre dans laquelle on est sur de ses racines, d'une compagne dont on sait la permanence, à côté de soi et en soi. Un livre en même temps qui transporte dans des moments de pur enchantement en toute simplicité et évidence comme cette évocation d'un village où "tout avait commencé un hiver, des années auparavant, quand les hommes et les femmes du village perdirent mystérieusement dans les labyrinthes de leurs esprits, le repère de leur identité. Depuis lors, les gens de Borello ne vivaient plus que dans le présent". A ceux qui en auront envie à me lire de découvrir la suite. Un premier roman qui fait attendre avec impatience le suivant.
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