05.12.2009
A lire plus que jamais ...
Il n'est pas récent, ce court récit de Simon Leys; il est paru en 2003. Mais alors que je le feuillette à ce moment ou Catherine vient de me le rendre - saluons au passage cette amie qui pense à rendre les livres, c'est rare et je ne suis pas sur moi même d'avoir toujours pensé à le faire - à ce moment donc, je le ressens plus d'actualité que jamais. Simon Leys y relate sans fioriture mais avec talent un naufrage qui eût lieu en 1629, et l'installation sur une île de trois cents rescapés se laissant prendre sous la coupe d'un psychopathe visionnaire qui, secondé par une poignée de disciples, entreprit méthodiquement de les massacrer. Et l'auteur met en exergue cette phrase de Edmond Burke : "Tout ce qu'il faut pour que le mal triomphe, c'est que les braves gens ne fassent rien". A garder en mémoire en ces temps de fascisation rampante, d'ostracisme insidieux de ceux qui sont nés ou venus d'ailleurs. Au fait qui est Edmund Burke? j'arête là cette note et je vais faire un tour sur Wikipédia, histoire d'améliorer un peu une culture emmenthal avec beaucoup plus de trous que de fromage.
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10.12.2008
Dans les veines ce fleuve d'argent
"Alors tu t'apercevras que les photographies servent seulement à faire oublier ce qu'on n'a pas photographié".
C'est glané dans ce superbe livre de Dario Franceschini qu'une amie m'a fait découvrir. Une de ces histoires à la fois simple et dense dont les auteurs italiens ont le secret Je pense à Barrico ou à Eri de Luca. Dans ce roman ci il n'est pas question de photographie, sauf dans cette phrase au détour du récit. Celui d'un homme âgé qui entreprend un voyage le long d'un grand fleuve pour retrouver un ami qui lui avait posé quarante ans plus tôt une question à laquelle il n'avait pas su répondre. Voyage qui le ramène au plus profond de sa propre histoire et de sa mémoire, et le conduit à une fin pressentie et acceptée. Un livre dont la lecture apporte un temps de paix intérieure tant les personnages qui l'habitent et le traversent semblent remplis de certitudes dont nous sentons tellement souvent le manque. Certitude de son propre vécu, d'une terre dans laquelle on est sur de ses racines, d'une compagne dont on sait la permanence, à côté de soi et en soi. Un livre en même temps qui transporte dans des moments de pur enchantement en toute simplicité et évidence comme cette évocation d'un village où "tout avait commencé un hiver, des années auparavant, quand les hommes et les femmes du village perdirent mystérieusement dans les labyrinthes de leurs esprits, le repère de leur identité. Depuis lors, les gens de Borello ne vivaient plus que dans le présent". A ceux qui en auront envie à me lire de découvrir la suite. Un premier roman qui fait attendre avec impatience le suivant.
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